Napoléon Bonaparte

Le 11 brumaire de l’An XI (31 octobre 1802), le Consul Bonaparte, de passage à Rouen, se fait conduire à la filature de coton de Valentin Rawle et laisse une gratification aux ouvriers. Il se rend ensuite à la fabrique d’indiennes de Madame Veuve Long et Cie. Après avoir parcouru les locaux affectés aux apprêts, Bonaparte passe dans l’atelier des tables d’impression où il imprime de ses mains une pièce de circonstance : elle représente un vaisseau accompagné d’une colonne et des des attributs du commerce. En souvenir de sa visite, les ouvriers reçoivent une gratification équivalente à une semaine de leur salaire.

Devenu empereur, Napoléon 1er revint à Déville le 30 mai 1810, il était accompagné par l’Impératrice Marie-Louise qu’il venait d’épouser et d’une suite nombreuse.

Après avoir parcouru la Picardie, les Flandres et la Bergique, Napoléon visita Dieppe, Fécamp, Le Havre, puis arriva à Rouen en traversant Déville, au début de l’après-midi de ce 30 mai.

Un arc de triomphe avait été dressé à la limite de Rouen et de Déville (avenue Carnot). Posé sur un socle de 14 mètres de hauteur sur 11 mètres de large, il portait des trophées d’armes, des attributs marins avec une inscription : « Napoléon le Grand ».

Quand le cortège impérial arriva à cet endroit tout couvert de monde, le maire de Déville, Michel Gonfreville, manufacturier, accueillit les souverains et se montra fort émotionné comme nous le raconte un témoignage de l’époque :

Leurs majestés se sont arrêtés et ont parlé à M. le Maire de Déville et son adjoint (M. Jacques Barbet). Sa Majesté l’Empereur s’est adressée au Maire et lui a demandé sur quelle commune il était dans le moment ; le Maire lui a répondu : « Sire vous êtes dans la commune de Déville ». L’Empereur lui a dit : « il y a beaucoup de fabriques dans cette commune ». Le maire lui a répondu : « Oui, Sire, il y en a beaucoup ». L’Empereur a demandé : « Vous êtes  mieux que lorsque que je suis passé il y a huit ans ! et elles emploient beaucoup d’ouvriers ? Le maire lui a répondu : « Sire, elles en emploient à peu près quatre ou cinq mille ». L’Empereur satisfait a continué sa route.

Parmis les cadeaux remis aux Souverains figurent un coupon de toile de lin, offert par M. Fouquier-Long, manufacturier à Déville ; deux châles en soie et un coupon de percale, dons de MM. Barbet.