La Filature Saint-Pierre de Ménibus

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Les femmes sont principalement employées dans les filatures

 

Située à l’angle de la rue de la République et de l’avenue Fauquet, le long des berges du Cailly, la filature Saint-Pierre de Ménibus a marqué notre commune pendant plus de 70 ans.

C’est en septembre 1896, qu’Henri Lafosse et Gaston Duboc fondent une société pour exploiter une filature de coton dénommée filature Saint-Pierre, installée dans une ancienne usine de blanchiment.

Dès le début, le volume de fabrication est de 12000 broches (une broche est une tige métallique sur laquelle on place la bobine de fil). La capacité de production augmente rapidement pour passer à 33000 en 1914.

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L’alignement imposant des machines

 

L’architecture des lieux est emblématique, les cartes postales des années 1900 apportent un témoignage visuel des bâtiments et de l’intérieur des ateliers dans lesquels travaillent de nombreuses ouvrières. En 1923, la filature emploie 360 personnes dont une grande partie est logée à proximité de l’usine.

Gaston Duboc et Henri Lafosse disparaissent, le premier en 1916, et le second en 1928, laissant la charge de la société à Robert de Ménibus, gendre de Henri Lafosse.

En 1935, les « Établissements de Ménibus » fusionnent avec la Société Anonyme de la Filature de Oissel.

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La filature après le bombardement

La guerre de 1939-1945 cause des dommages considérables aux deux filatures ; celle de Déville est gravement atteinte le 24 juin 1944 par un bombardement qui tue 11 ouvriers, 22 membres de leur famille, blesse 25 autres personnes et détruit 17 maisons ouvrières.

Robert de Ménibus ne perd pas courage et avec énergie il rétablit la capacité d’avant-guerre en réutilisant le matériel récupéré au milieu des ruines.

La filature de Déville est modernisée en 1957 et possède, au début des années 1960, une capacité de 15600 broches à filer. Elle est alors spécialement conçue pour la fabrication de gros numéros de fils ; la production annuelle, en période normale, est de l’ordre de 2700 tonnes destinés à la bonnetier et au tissage des écrus.

La filature Saint-Pierre emploie 265 personnes.

A cours des années 1950, plusieurs entreprises textiles de la région normande fusionnent avec les établissements de Ménibus, de sorte qu’en 1958, la société possède les éléments de production suivants : une filature de coton à Déville ; une filature de de coton à Oissel ; une filature et un tissage à Pont-Audemer (Eure) ; un ensemble filature et tissage à Fleury-sur-Andelle (Eure).

En 1970, face aux difficultés croissantes et comme de nombreuses autres usines textiles de la vallée du Cailly auparavant, les établissements de Ménibus cessent leurs activités non sans avoir pris soin de veiller au reclassement de la majeure partie du personnel.

Filature-Saint-Pierre08Une partie des locaux dévillois laissés vacants par l’industrie cotonnière sont alors repris et utilisés par la Société des Comptoirs Modernes qui transforme l’usine en supermarché, sous le nom de « Suma » (actuellement « Carrefour Market »).

Les autres parties des bâtiments sont utilisées par diverses sociétés, avec entre autres, l’AFOR-CBTP, pour la formation professionnelle.

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Les bâtiments vétustes dans les années 1990

 

Laissées à l’abandon, certaines bâtisses deviennent vétustes, conduisant les municipalités succéssives à décider d’un réagencement complet de cette partie de la commune. De petites maisons locatives et immeubles sont bâtis et de nouvelles rues sont créées. En 2007, une salle de musculation voir le jour.

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Les logements le long de la rivière

Les rives du Cailly sont alors réaménagées, permettant aux nombreux habitants du quartier de flâner le long de la rivière, source inépuisable d’énergie, à l’origine de l’implantation de nombreuses filatures de la vallée du Cailly au XIXe siècle.

Pour en savoir plus, reportez-vous à la brochure « Usine en mémoire ».